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Ar(t)gile

Publié le 26 Septembre 2018

Si la céramique n’a gagné ses lettres de noblesse qu’au XVIIIe siècle grâce à la favorite de Louis XV, Madame de Pompadour, cet art de la poterie avait déjà connu des heures glorieuses du temps de la Grèce antique.

  • Dès la préhistoire, les hommes ont façonné l’argile. Sous leurs doigts, elle a pris la forme de personnages ou de vases. Mais l’acte de naissance de la céramique date de 29 000 ans avant J.-C. Pour autant, l’usage domestique de la poterie ne se répand qu’aux alentours du XIe millénaire avant J.-C. grâce à la maîtrise de fours capables d’atteindre les 1 050 degrés.

    Vers le Xe siècle avant J.-C., le quartier des potiers d’Athènes, le Céramique, donne son nom à la pratique de ce qui n’est alors que de l’artisanat, même si les ouvriers rivalisent de créativité pour façonner des pièces spectaculaires. Rares sont ceux qui signent leurs œuvres. Cependant, les historiens d’art expérimentés reconnaissent aisément les styles des artisans les plus prolifiques. Ils attribuent par exemple une quinzaine de vases conservés dans différents musées à celui qu’ils ont surnommé « le peintre d’Andokidès », un artisan athénien de la fin du VIe siècle avant J.-C.


    Des vases pour tous les usages

    La capitale grecque est particulièrement connue pour ses deux styles de vases, d’abord décorés de figures noires, puis de figures rouges à partir du VIe siècle avant J.-C. Il existe alors une typologie complexe de céramique : les cratères, de grands vases finement ouvragés, servent à mélanger le vin avec de l’eau et des épices. Les œnochoés permettent le service à table. On boit dans des canthares, sortes de verres à pied pourvus de deux anses. D’autres types de poteries, tels que les aryballes aux formes globulaires, servent à conserver les cosmétiques. Les Romains, quant à eux, sont connus pour la sigillée, une céramique rouge aux finitions vernissées, décorée de fins motifs en relief essentiellement utilisée en vaisselle de table.


    La Pompadour, bienfaitrice de la céramique française

    Plus tard, le Moyen-Âge inaugure de nouvelles techniques. La faïence, faite d’une pâte d’argile (appelée le biscuit) recouverte d’émail, est cuite en deux temps. Elle permet de peindre des décors multicolores d’une grande finesse.

    Puis, au XVIIIe siècle, la découverte des techniques de la porcelaine en Chine relance la mode de la céramique. Madame de Pompadour, la maîtresse de Louis XV, se passionne pour cet art. Des artisans tels que Gilles et Robert Dubois lui confectionnent des figurines rehaussées de rose que l’on nommera à dessein le rose pompadour en son honneur. La marquise favorise même l’ouverture d’une manufacture royale à Sèvres, devenue aujourd’hui le Musée National de la Céramique. Les plus grands artistes s’y retrouvent, laissant libre court à leur créativité. Sous Louis XVI, cette institution expose une fois par an ses plus belles œuvres à Versailles, sous le regard amusé du roi. Depuis son ouverture, Sèvres est resté le symbole de l’excellence française en matière de céramique artistique. Auguste Rodin et Alexander Calder comptent parmi ses plus illustres pensionnaires. Avec eux, la poterie a quitté le périmètre de l’artisanat pour devenir un art à part entière.


    Faisant la part belle à cet art ancestral, l’Espace Saint-Jean de Melun expose les œuvres du céramiste Jean-Pierre Petit, jusqu’au 3 novembre.

     

    Par Virginie Girod (TOUTécrit)