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Molière, pourfendeur de son temps

Publié le 22 Avril 2019

Le dramaturge s’est largement inspiré des castes sociales (nobles, bourgeois, médecins...) pour moquer le genre humain et, par ricochet, critiquer les travers de ses contemporains.   

Retrouvez le Bourgeois Gentilhomme le samedi 18 mai aux 26 Couleurs, à Saint-Fargeau-Ponthierry.

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    Molière

    Son inspiration...

    Avec une trentaine de pièces, Molière a donné ses lettres de noblesse à la comédie qui était considérée, avant lui, comme un genre mineur. Son inspiration ? La "bonne" société du XVIIe siècle. À ce titre, les bourgeois constituent pour lui un inépuisable sujet d’exploration : la famille, et la question du mariage, sont ainsi au cœur de son œuvre. Dans L’Avare (1668), les enfants subissent l’autorité d’un père vieux, riche et au cœur sec. Ici, il est bien peu question de sentiments dans l’union conjugale qui doit, avant tout, être une affaire rentable ! Chez Molière, les jeunes gens sont amoureux tandis que les vieillards, eux, sont possessifs.

    Être et paraître

    N’ayant pas son égal pour dépeindre et dénoncer les mœurs qu’il juge répréhensibles, et s’attirant de très vives hostilités, il moque aussi les courtisans et le jeu des hiérarchies sociales. Magdelon et Cathos, dans Les Précieuses ridicules (1659), sont deux jeunes bourgeoises fraîchement débarquées de province. Pour se distinguer dans la société parisienne, elles adoptent un raffinement verbal... ridicule, qui révèle finalement leur snobisme et leur conformisme.

    Le paraître, il en est encore question dans Le Misanthrope (1666), où Alceste n’a que peu de goût pour l’hypocrisie, "qualité" qui se révèle essentielle à la vie en société. Molière critique aussi les milieux ecclésiastiques, et plus particulièrement les faux dévots qu’il dénonce férocement avec son fameux Tartuffe (1664). Cette audace lui coûtera cher puisque la pièce sera interdite à plusieurs reprises, ce qui n’empêchera pas son succès, le terme "tartuffe" devenant même un nom commun pour désigner un hypocrite.

    Autre corps social assidûment attaqué : les médecins, à qui Molière prête un latin approximatif, source de situations des plus comiques dans Le Médecin malgré lui (1666) ou dans sa dernière comédie, Le Malade imaginaire (1673). Tous ces personnages, au profil psychologique savamment travaillé, sont souvent ridiculisés dans la dernière scène, celle de la morale et de l’appel à la raison.

    Dénonçant l’avarice, l’hypocrisie, l’infidélité ou la vanité, l’œuvre de Molière reste d’actualité, chacun pouvant y déceler, sans doute, les travers et les dérives de notre société. L’argent n’est pas reste : le dramaturge le pourfend dans Le Bourgeois gentilhomme (1670), où Monsieur Jourdain pense devenir l’égal des nobles grâce à son aisance financière.
    Redécouvrez cette pièce, l’une des plus comiques du répertoire français, le 18 mai prochain aux 26 Couleurs, à Saint-Fargeau-Ponthierry, dans une mise en scène de la compagnie Colette Roumanoff, une référence du théâtre classique.   

     

    Par Claire Teysserre-Orion (TOUTécrit)